Zoom sur le dessin animé érotique

La rédaction 19 février 2021

Les dessins animés pour adultes seraient-ils la nouvelle coqueluche de la nouvelle génération qui, visiblement, en raffolent tant pour les fantasmes que pour l’éducation sexuelle que l’on y distille parfois ? 

Si l’art est ancien, le phénomène débute réellement avec les Hentaï japonais. Depuis, tout y passe, des personnages de dessins animés cultes jusqu’à Peepoodoo qui bouscule les conventions. Retour sur une tendance où les jeunes adultes préfèrent s’exciter sur des personnages « animés » plutôt que sur les films X de leurs aïeux.

Depuis les années 50 (1950) et Goldrake, chaque décennie a vu ses héros et surtout ses héroïnes sur papier glacé entretenir la frénésie de consommation d’un autre papier… toilette. Et, modernisme oblige, les courbes des jolis personnages s’agitent et s’animent désormais sur les écrans. La télévision d’abord et bien sûr, sur les ordinateurs, tablettes et surtout smartphones aujourd’hui.

Ce phénomène BD pour adultes débute réellement avec les Hentaï (mangas pornos japonais), pour en arriver à l’énigmatique « Peepoodo  et ses personnages aussi étranges que cash. Pour Grégory, tout jeune adulte parisien de 20 ans, il y a d’abord le ton (humour décalé), l’hyper-sexualisation de certains personnages, mais aussi la pédagogie : « Peepoodo c’est énorme, tu comprends tout de la sexualité dans un langage accessible, hyper clair, grâce au docteur Lachatte. Elle t’explique le plaisir prostatique, les sextoys, etc. avec des schémas et croquis à la clé. Un vrai cours d’éducation sexuelle. » L’inventeur de ce nouveau genre porno-éducatif n’est autre que Balak, un jeune auteur français, patron des studios « bobbypills » et déjà créateur (ente autres) des célèbres Kassos. Il explique une partie de la réussite de Peepoodo grâce notamment au savant mélange de personnages trop mignons qui sont néanmoins affublés de sexe disproportionnés et qui vivent des aventures débridées sur le ton de la comptine. Dans le genre, le premier épisode intitulé « Végétarien du cul » est particulièrement révélateur

« Je préfère me masturber sur un animé »

Mais l’univers de Peepoodo, pour éducatif, crade ou humoristique qu’il soit, n’est pas le plus fatasmagorique. Des créatures bien plus évocatrices agitent les nuits et les mains des jeunes adultes. Au point que certains fantasment sur ces personnages animés plutôt que sur un film qui mettrait en scène des acteurs de chair et d’os.

C’est notamment le cas de Kevin, versaillais de 21 ans, qui a délaissé depuis longtemps le porno classique pour jouir avec ses « animés ». Car lorsqu’il évoque l’objet de ses fantasmes, il ne pense pas à une « vraie » femme, mais bien à un dessin :

« Elle juste belle et bandante. A chaque fois que je la vois, je m’excite. Je peux me la repasser en boucle, c’est magique ! » Le rêve de Kevin s’appelle Meiko, à mi-chemin entre l’institutrice et la dominatrice.

Elle a tout de l’initiatrice dont on aime satisfaire les caprices. Chignon, petites lunettes, talons hauts et surtout une taille fine et des seins XXL qui font exploser son chemisier. Kevin avoue en être « amoureux », même si son goût a évolué avec l’âge :

« J’ai eu mes premiers émois avec Nico Robin. Et maintenant ma préférée c’est bien Meiko. »

Pour les néophytes, il s’agit bien de Meiko Shiraki, l’héroïne aux formes extrêmes du seinen manga (manga pour jeunes hommes) et de l’animé (on ne dit surtout pas « dessin animé » chez les spécialistes) imaginé en 2011 par l’auteur japonais Akira Hiramoto. La belle fait d’ailleurs d’autres adeptes, comme François à Toulouse, qui semble pourtant avoir dépassé l’âge limite :

« J’ai toujours adoré l’univers de la BD, j’ai enchaîné avec les mangas que je continue de lire et aussi à regarder sur ma tablette. Quand j’ai découvert Prison School, j’ai tout de suite eu une érection. Le personnage et les histoires sont exactement organisées pour cela et ça marche. »

François ne va pas jusqu’à avouer des plaisirs solitaires face à sa tablette, mais on les devine. En revanche il donne volontiers son âge 42 ans, ce qui fait de lui, à minima, un ado très attardé, d’autant qu’il est marié et papa de trois enfants. François le quadra ne serait d’ailleurs pas un cas isolé parmi les fans de ces mangas. Mais quel que soit leur âge, ces amateurs aiment l’étiquette qui leur est collée de « fanart sex ». Yanis, 22 ans, en fait partie et le revendique : « Un animé est 10 fois plus bandant qu’un « vrai » film que tu vas trouver sur un Tube ou ailleurs. Là il y a de vrais scénarios, avec une histoire qui se suit. »

« Il faut que jeunesse se passe »

Une position extrême qui n’inquiète pourtant pas franchement la sexologue et spécialiste des comportements amoureux, Michelle Boiron : « D’abord, les hommes d’aujourd’hui restent jeunes plus longtemps. Ce phénomène n’est donc pas réellement surprenant, il correspond à l’époque. » Même son de cloche à l’évocation d’une éventuelle préférence pour le virtuel et l’animé au bon vieux porno de « papa » :

« Franchement, peut-on faire une différence entre un film pornographique qui n’emprunte absolument rien au réel, pire, qui va inculquer de fausses bases aux jeunes et un dessin animé ? Au moins, ils ne vivront pas avec le complexe que j’ai tant de fois rencontré en cabinet, de ces jeunes hommes qui pensent avoir des micro-pénis ou qui culpabilisent parce qu’ils ne peuvent pas faire l’amour trois fois de suite en éjaculant des litres de sperme tout en faisant hurler leur partenaire de plaisir… Avec un dessin animé, ils sont pleinement conscients du côté imaginaire de la chose. Ils ne risquent pas de nourrir de complexes d’infériorité. Au contraire, ils entretiennent une fantasmagorie riche.

Le risque serait que ces jeunes hommes s’enferment dans un idéal beaucoup trop précis, notamment concernant les mensurations de l’objet de leur fantasme. Un idéal de femme à la fois physiques et psychologique qui les empêcherait de s’épanouir avec une fille de la vie réelle. »

Finalement pour les spécialistes, il suffirait juste d’attendre que jeunesse se passe !

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