Adeline La fouine : une vision assez critique des plateformes X
9 novembre 2025
Elle est l’une des pionnières du « porno amateur ». Ses premières scènes filmées datent de 2009. Très vite et par soucis d’indépendance, Adeline décide de créer son propre site Internet pour y publier ses photos et vidéos, y partager ses envies, ses fantasmes. Un site gratuit. Elle était quasiment la première femme à se dévoiler ainsi, seule, en totale autonomie et avec un côté purement amateur : « C’était le plaisir libre et assumé. Je ne recherchais ni la célébrité, ni l’argent. C’était juste du jeu, du plaisir, de l’excitation. Sans script, sans acteur, sans calcul et rien qu’avec des partenaires amateurs. »
Des vidéos à la fois crues, spontanées et sincères, sans chercher à faire le buzz et uniquement motivées par le frisson et le plaisir. Après une interruption de plusieurs années et un déménagement en France, Adeline revient sur les réseaux : « Et là, j’ai pris une claque ! Des milliers de femmes s’étaient mises au porno soi-disant amateur. Besoin d’exister devant un écran, source de revenus… Le libertinage que je qualifie d’authentique avait disparu. »
Elle se rend compte que la très grande majorité de ces nouvelles « influenceuses du sexe » ne sont pas réellement libertines. Leur seule motivation : gagner de plus en plus d’abonnés, et d’argent : « Quitte à promettre monts et merveilles pour ne rien offrir de vrai. »
Avec elles, tout est contrôlé, cadré, sans aucune spontanéité. Pour Adeline, on est loin du libertinage et de la liberté. Ces femmes se qualifient de libertines pour tromper et manipuler les Internautes : « En se disant libertines, elles laissent croire qu’une éventuelle rencontre pourra être possible. Certaines créatrices de contenus vont jusqu’à proposer des tirages au sort pour gagner une rencontre libertine. Elles vendent un fantasme qu’elles ne laisseront jamais se réaliser. »
Constat décevant pour Adeline pour qui tous ces nouveaux comportements sont à l’opposé du libertinage et peuvent parfois provoquer certaines dérives : « Ce n’est plus un espace de liberté, de sincérité, un plaisir partagé, une envie commune. Bien sûr, il y a quand même quelques femmes qui ont conservé, à travers leurs contenus, quelque chose de sincère, d’authentique, de vrai et d’honnête, qui sont réellement libertines et qui agissent par jeu et par plaisir avant tout ! »
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