Êtes-vous porno addict ?

La rédaction 2 mai 2026

Une équipe de scientifiques a fait sensation cette année en annonçant que la dépendance au porno n’existait pas… Cela n’a pas manqué d’attirer notre attention. Contre-enquête.

Tout d’abord, premier rectificatif, la presse a choisi de résumer les conclusions de l’étude américaine sous la forme « la dépendance au porno n’existe pas », mais ce n’est pas précisément ce qui a été dit initialement… Les mots exacts de Nicole Prause qui a dirigé l’étude sont les suivants : « Le porno ne constitue pas une addiction comme les autres. » Cette recherche visait à comparer la dépendance au porno vis-à-vis d’une dépendance aux drogues dures par exemple, et ce sur le plan neurologique. Elle a été conduite sur 122 sujets hommes et femmes se décrivant eux-mêmes comme addicts au porno (photos ou vidéos). Des électrodes ont été posées sur le crâne des sujets alors qu’ils visionnaient des contenus adultes. Lorsque les sujets se concentrent fortement (comme par exemple lorsqu’ils sont confrontés à une addiction) le potentiel électrique émis par le cerveau augmente fortement, or, c’est précisément l’inverse qui s’est produit au cours de l’étude ! D’où la déduction qui s’est ensuivie : il ne s’agit pas d’une dépendance telle qu’on la définit aujourd’hui d’un point de vue scientifique… Ce qui ne signifie pas que la pornographie ne constitue pas un problème dans la vie de ces personnes qui se disent porno addicts. Le mécanisme neurologique est différent, mais le résultat peut être le même.

Peut-on parler d’addiction au porno ou pas ?

Cela peut en devenir une quand on utilise le porno comme un antidépresseur. Il a simplement été découvert que cette addiction ne fait pas s’allumer les mêmes lumières dans le cerveau que les drogues. Malgré tout, il existe des gens qui ont des comportements excessifs avec ce type de contenus. Le porno, en soi, c’est très bien, mais certains peuvent visionner jusqu’à huit heures de porno par jour et se masturber sans éprouver aucun plaisir. À ce moment-là, on peut parler de conséquences qui évoquent les comportements addictifs.

Le terme de « porno addict » est auto-attribué dans l’étude. Être addict, c’est à la mode ?

Il y a un questionnaire simple en six points que je propose à mes patients au premier entretien, qui me permet de les évaluer dans leur addiction. 30 % d’entre eux ne sont pas addicts. Malgré tout, il faut savoir que l’addiction sexuelle est sortie du tableau dans la cinquième édition du DSM qui classifie les troubles mentaux à travers le monde. Il s’agit d’un travail très sérieux qui réunit les plus grandes pointures mondiales sur le sujet, et la littérature médicale à ce propos commence à être impressionnante ! Le propos de Nicole Prause a été repris de façon sensationnelle, il suffit de le moduler.

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