Y-a-t’il des lesbiennes que dans les grandes villes ?
3 mars 2026
Docteur, j’ai identifié mes orientations sexuelles très tôt, dès l’âge de 13 ans. J’aime et je n’aime que les filles. Mais j’ai l’impression d’être la seule dans ma région à avoir ces goûts. Chez moi, personne n’en parle, les filles ne se promènent pas main dans la main, alors que cela est naturel dans les grandes villes. Pourtant je ne pense pas que toutes les lesbiennes de France vivent à Paris. Y aurait-il une sexualité à deux vitesses pour les homosexuels ?
Notre sexologue répond :
Vous avez 100% raison de penser que toutes les homosexuelles de France ne vivent pas à Paris. S’il est évident que ce n’est pas le cas, il faut reconnaître que les grandes villes sont plus tolérantes vis-à-vis des comportements qui ne sont pas ceux de Monsieur ou Madame Tout le monde. L’une des raisons à cela, c’est qu’à Paris l’anonymat est la règle quotidienne et qu’il y est donc tout à fait inhabituel de croiser une personne de connaissance, que ce soit en faisant ses courses ou en allant au cinéma ou au restau. De ce fait, on peut beaucoup plus facilement afficher ses tendances sexuelles, puisque de toute façon les gens qui vous entourent ne font guère attention à vous. Sous cet angle-là, celui d’une plus grande liberté de gestes, on peut trouver positif d’habiter une grande métropole, mais il ne faut pas oublier que c’est aussi ce qui peut créer une impression de solitude et d’isolement. On oublie parfois qu’il y a de réels avantages à connaître ses voisins, à se dire bonjour en se croisant et à avoir le sentiment d’exister en tant que personne identifiée au lieu d’être seulement un pion parmi des milliers d’individus anonymes. En conclusion, même s’il est plus difficile de se promener main dans la main dans votre commune, peut-être faut-il se rappeler que l’atmosphère des grandes villes n’est pas obligatoirement synonyme de bonheur.
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