Quand le défi érotique s’invite dans nos lits

La rédaction 15 février 2021

« Action ou vérité » ; « Cap ou pas cap ? ». Retour à la plus pure tradition des fameux jeux qui ont bercé notre enfance et même un peu après. Mais attention, aux challenges un peu “cul-cul” de l’enfance, succède un challenge juste cul.

Imaginer la chose qui, sexuellement, vous donne froid dans le dos ! Ce concept, c’est le nouveau challenge à la mode auquel s’adonne la jeune génération. On s’avoue, en toute transparence, ses pires craintes ou ses fantasmes les plus fous, puis on les réalise, preuves (photos ou vidéos) à l’appui. Un jeu qui booste les sensations et travaille l’ouverture d’esprit, mais pas que…

Du lourd pour faire progresser sa sexualité. C’est un petit groupe de copains de la banlieue parisienne qui en est à l’origine et leur jeu fait des émules, chez les garçons comme chez les filles. Normal, il mêle les habitudes du moment – filmer ou photographier ses ébats – avec l’autre passion des adolescents et jeunes adultes : le sexe. Le mélange a toujours fait des étincelles.

Pour Gregory le principe est simple : « Le but est de repousser les limites qu’on peut avoir sur le sexe. »

Se taper son “anti-fantasme”

En confiance, les quatre amis s’expriment sur leurs expériences respectives en la matière et, sans le savoir, ils mettent au point les règles de leur nouveau jeu préféré. Chacun avoue aux autres ce qui l’inquiète ou ce sur quoi il fantasme secrètement dans les pratiques sexuelles, puis ils doivent s’efforcer de passer à l’acte, en en rapportant une preuve visuelle (photo ou vidéo).

Les premiers défis voyaient ainsi le jour : Alex (22 ans) devait se faire pénétrer par un homme ; Oualid (21 ans) devait dépasser sa répulsion pour les femmes grandes ; Jordan (20 ans) devait se soumettre à sa compagne et Gregory (20 ans) devait découvrir son point “P” avec une spécialiste.

Gregory précise : « Vu qu’on est proches les uns des autres, on se connaît depuis le collège, on veut que l’autre se tape son “anti-fantasme” et surtout lui faire comprendre que ce n’est pas si terrible que cela. Au contraire, que ça peut ouvrir des horizons ! Du coup chacun va s’obliger à réaliser son pire truc sexuel pour que les autres le fassent aussi. Ça nous permet aussi de tester des choses qu’on ne ferait certainement jamais, parfois à cause de la répulsion, mais aussi en raison de notre éducation, notre milieu… » Dès que tout le monde est dans la confidence, le jeu peut débuter. Et bien sûr, tous ceux qui ont participé à la discussion doivent jouer le jeu, preuve à l’appui.

Avec sa boîte à jouets

Les résultats sont souvent inégaux. Carton plein pour Gregory, qui a bien découvert son point P et qui est même allé au-delà :

« J’avais noué une relation très sexuelle en vacances avec une magnifique Russe de 28 ans. De passage à Paris, elle m’a contacté. Elle est restée dans mon studio, les trois nuits de son séjour dans la capitale. Une vraie tuerie ! Elle savait que j’étais partant pour toutes les expériences. C’est certainement ce qu’elle apprécie chez moi. Elle est donc arrivée avec une valise pleine de jouets, que je n’avais jamais vu pour la plupart. Elle s’en est donné à cœur joie, pour mon plus grand plaisir, dans la mesure où j’avais une totale confiance en elle. Pompes à tétons, godes de toutes tailles, boules de geisha, gode ceinture, cock-ring, gel, aiguille pour l’urètre… Elle a tout utilisé. Un kiff absolu. Je crois que je n’ai jamais autant joui. Très vite j’ai adoré ses godes et lorsqu’elle m’a frotté la prostate, le fameux point P, j’ai décollé. Depuis, j’initie toutes mes partenaires à cette pratique. »

Bonne pioche également pour Jordan, le seul “maqué” de la bande, qui s’était ouvert de son défi à sa compagne. Ce qui, en soi, était déjà un défi. Puis plus rien. Jusqu’au soir où elle l’accueil en tenue sexy : pantalon de cuir, bustier en dentelles et talons hauts, en lui proposant de passer à la pratique : « Tu es toujours d’accord pour ton défi ? Alors, va dans la chambre, mets-toi totalement nu. » Après avoir obéi à cette première injonction, Jordan se souvient avoir perdu pied :

« Julia a commencé par me bander les yeux. Elle m’a ordonné de me mettre à genoux devant elle. Moi nu, elle habillée, je commençais à bander, puis elle m’a dit sur un ton très doux : “ Mon chéri, tu voulais que je te domine durant quelques heures, mais je me suis renseignée auprès de professionnelles et sur des sites spécialisés, l’expérience ne serait pas vraiment significative. Je te propose de devenir ta maîtresse durant une semaine. Tu devras donc m’obéir en tout sans jamais discuter. Si le contrat te convient, penche-toi en avant, embrasse la pointe de mes chaussures et va t’allonger sur le lit.”

Jordan est aujourd’hui un soumis heureux, il alterne des périodes de vie normale, avec des semaines de soumission, durant lesquelles Julia, maîtresse accomplie, l’oblige à porter une cage de chasteté. Heureusement, comme le rappelle Gregory : « Y’a pas de jugement, enfin pas vraiment, car ça reste entre nous. On va se charrier mutuellement (plus ou moins en fonction de la chose) et on se chauffe tous pour jouer le jeu. »

Défi également validé pour Alex, qui n’a eu aucun mal à trouver un mec sur une appli spécialisée pour tenter la sodomie : « Le mec était trop content de me dépuceler. Il nous a filmés… En même temps, j’ai adoré. Je vais certainement recommencer l’expérience. »

Le point de vue de la sexologue

Le challenge remonte à la nuit des temps ! Se lancer des défis est une forme de duel contemporain avec soi-même, devant les autres. Et l’époque veut que cela passe par l’image (sex-tape, …). Les jeunes adultes recherchent toujours de nouvelles sensations pour se démarquer des autres. Ils sont prêts à prendre des risques. Il y une notion de transgression. Ils cherchent à se dépasser avec, bien souvent une notion de performance.

Dans le cas des challenges, il y a la notion de clan, d’appartenance. Il s’agit d’appartenir à une communauté avec des valeurs communes créées par ces défis. Dans le cas contraire, ne pas accepter le challenge, c’est le risque de se faire exclure du clan, de la communauté, du partage de valeurs communes, donc de se couper du lien. Avec le sentiment de honte et humiliation du « t’es pas capable », « t’as pas de courage ».

Ajouter l’intime au défi, c’est plutôt une suite logique, un résultat de ce qui se passe dans la libération des images sexuelles, des sites de webcam… Et comme pour toute expérience, il faut prendre en compte l’après-réalisation. Si l’acceptation du défi est vécue comme une contrainte plutôt qu’un engagement consenti et un choix libre et conscient. L’expérience peut être libératoire et vécut comme une victoire, mais elle peut aussi faire l’objet d’un retour de bâton violent quand une part de soi n’accepte pas ou juge ce qui s’est passé. Être fort, c’est être soi dans le choix, se respecter dans l’expérience…

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