Dépassée par la folie numérique
27 avril 2026
Docteur,
Je suis ce qu’on appelle une libertine assumée. Les clubs, les soirées privées, les salons où l’on s’exhibe… je connais la partition par cœur. Je ne pense pas être une oie blanche en matière de luxure et pourtant, je me sens soudainement larguée. Je ne me reconnais plus dans certaines pratiques qui font fureur sur les réseaux sociaux, comme le « door Ajar » (laisser sa porte entrouverte à un inconnu). Pour moi, c’est de la folie pure et simple ! Pensez-vous que mon horloge biologique soit responsable de cette déconnexion avec les nouvelles tendances du plaisir ?
Nanny, 46 ans (Annecy)
La réponse du Docteur
Ma chère Nanny, une chose est certaine : vous n’avez rien d’une oie blanche. Vous êtes une femme délurée, une authentique amoureuse des sens qui assume ses fantasmes, et c’est une qualité que je ne saurais trop applaudir.
Concernant votre malaise face à ces nouvelles pratiques, je vais vous faire une réponse de Normand : votre âge est en cause, sans l’être vraiment. Ce n’est pas une question d’années au compteur, mais de génération.
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L’école du contact : Vous appartenez à cette génération qui a appris la séduction « à l’ancienne ». Vous avez découvert le frisson lors de soirées, de vacances ou sur les bancs de la fac. Pour vous, le désir naît d’un regard, d’une odeur, d’un feeling immédiat qui permet de dire « oui » ou « non » avant même de passer aux choses sérieuses.
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Le buzz du virtuel : Le comportement qui vous choque concerne des individus qui organisent leurs ébats exclusivement online. Ils zappent l’étape cruciale de la rencontre physique.
Laisser entrer chez soi un parfait inconnu en lui laissant la porte ouverte, tout en se mettant à sa merci les yeux bandés, relève effectivement d’un comportement à risque caractérisé. Ce n’est plus du libertinage, c’est de la roulette russe.
Rassurez-vous, Nanny : ne pas vouloir transformer son alcôve en hall de gare pour inconnus non filtrés n’est pas un signe de vieillesse, c’est la marque d’une libertine avertie qui sait que le meilleur des plaisirs est celui que l’on choisit en toute conscience. Continuez à fréquenter vos clubs et vos salons ; la chaleur humaine d’un vrai regard vaudra toujours mieux qu’une porte entrouverte sur le vide numérique.
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