Inde : dépénalisation historique de l’homosexualité

La rédaction 6 septembre 2018

Les juges de la Cour suprême de Delhi – en Inde – ont dépénalisé l’homosexualité jeudi 6 septembre, une décision historique pour la deuxième nation la plus peuplée de la planète.

New Delhi, jeudi 6 septembre, les juges de la Cour suprême de Delhi ont jugé illégal le vieil article 377 du code pénal sur le «sexe contre nature» visant notamment l’homosexualité. Cette décision est venu notamment après avoir considéré, à l’été 2018, plusieurs pétitions dont une qui venait des anciens élèves des meilleurs Instituts de Technologie. Ces derniers  ajoutaient une dimension économique aux arguments sociaux habituels contre la stigmatisation des groupes minoritaires.

Le bout du tunnel

L’article jugé illégal a été introduit dans le droit indien en 1860 sous le Raj britannique, régime colonial britannique que connait l’Inde de 1858 à 1947. En juillet 2009, le monde entier avait salué le jugement de la Haute Cour de Delhi (plus haute juridiction indienne) qui avait déjà considéré l’article comme contraire à la Constitution. Décriminalisant les relations sexuelles entre adultes, le jugement a ensuite été cassé par la Cour suprême en décembre 2013.

Avec ce nouveau jugement (très attendu) de la Cour suprême, la communauté LGBT en Inde voit la lumière. C’est l’aboutissement de décennies de combats en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité. Des images diffusées à la télévision indienne montraient des militants de la cause homosexuelle pleurant des larmes de joie durant la lecture du jugement.

Une première étape

L’homosexualité est encore mal vue dans cette société profondément conservatrice, en particulier en zone rurale où réside 70% de la population. Mais si l’homosexualité reste taboue, les poursuites judiciaires pour homosexualité sont marginales en Inde. Selon les chiffres du gouvernement, sept personnes ont été condamnées dans le pays en 2016 pour « offenses contre-nature » et seize relaxées.

C’est la première étape de l’histoire de beaucoup d’autres pays qui ont d’abord dépénalisé les relations homosexuelles, autorisé les interstron.rus civiles puis le mariage,

estimait lors d’une récente interview à l’AFP Keshav Suri, propriétaire d’une chaîne d’hôtels de luxe figurant parmi les plaignants devant la Cour suprême.

C’est une longue bataille pour arriver à l’égalité des droits mais je suis sûr que nous y arriverons à la fin, a-t-il déclaré.

L’Inde devient ainsi le 124e État du monde où les actes homosexuels ne sont pas ou plus criminalisés, mais restent à l’heure actuelle punissables dans 72 pays de la planète (selon un décompte de l’).

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(Image à la une : Reuters/Francis Mascarenhas)

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